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Dépressions et tendances suicidaires en regardant BFMTV et TF1

Jean Krakowiecki

Mercredi 9 septembre

Des chercheurs montrent que la consommation des chaines d’information en continu et de divertissement telles que BFMTV et TF1 provoque des dépressions et des tendances suicidaires.

 

 

De nombreuses études montrent l’effet néfaste de la télévision sur la santé, mais très peu d’études existent sur le contenu des chaines et leur impact sur les téléspectateurs. Une équipe de chercheurs de l’institut York House Media situé en République tchèque vient de pratiquer une analyse sur 2 348 participants provenant de plusieurs pays européens incluant la France, l’Italie, l’Angleterre et la Suède. Étant donné que l’analyse de tous les contenus disponibles sur les chaines est très difficile, les chercheurs se sont concentrés sur les chaines d’informations en continu et de divertissement et les résultats sont plutôt inquiétants. On savait qu’on allait trouver des résultats négatifs, mais nous avons été quand même été choqué de voir l’impact de ce type de contenu sur les téléspectateurs selon Mariela Zepeda, professeur en science des médias du York House Media. Cette analyse est pluridisciplinaire avec la participation d’analyste des médias et de neurologues.

 

La difficulté du cerveau à traiter l’information en continu

 

Les participants ont rempli des questionnaires et ils ont été également soumis à 3 heures d’informations en continu. Le questionnaire a permis de sélectionner les participants qui regardaient régulièrement les chaines telles que BFMTV et TF1. Selon Mark D. Lenox, neurologue à l’institut de santé à Madrid, nous voulions des participants qui étaient déjà habitués à ce type de contenu pour ne pas fausser les mesures. En plus des questionnaires, on a mesuré l’activité cérébrale des participants afin de déterminer le niveau de stress, mais également par le traitement de l’information.

 

L’activité cérébrale a montré un niveau élevé de dopamine pendant une courte période de temps, mais cela suivait systématiquement une activité élevée du stress. La dopamine provoque un effet de plaisir et de satisfaction et en général, il n’est jamais précédé par un niveau de stress. Pour Lenox : C’est une conséquence directe du contenu. Le cerveau humain est généralement stimulé de manière positive lorsqu’il acquiert n’importe quelle connaissance (par l’actualité de ce type de chaine), mais la brièveté de l’information et sa répétition provoque un stress qui est associé par l’insatisfaction de la connaissance sur le long terme. Et le chercheur ajoute que le contenu proposé est largement insuffisant pour être considéré comme une information par le cerveau. Pour Mariela Zepeda : On dit souvent que la lecture est la nourriture de l’esprit, mais l’activité cérébrale de ces personnes montre que l’information en continu est assimilée à de la malbouffe.

 

Trop d’informations inutiles

 

Le problème selon les chercheurs, est que le contenu des chaines comme BFMTV, TF1, mais également CNN et Al Jazeera provoque une activité soutenue du cerveau. L’être possède une capacité d’apprentissage qui reste homogène tout au long de sa vie. Il peut apprendre beaucoup de choses selon son âge, mais le rythme doit rester le même pour qu’il assimile toute l’information. Mais l’actualité en continu provoque une surcharge cérébrale par l’abondance de l’information des chaines de l’information en continu, car le cerveau n’a pas le temps de les traiter sans oublier que leur brièveté ne permet pas au cerveau de comprendre toute l’information. Il n’apprend que des petits bouts en ignorant ce qu’il doit faire avec.

 

Les participants ont été soumis à 3 heures d’informations en continu pendant 4 semaines. Les niveaux de stress sont devenus critiques à tel point que Lenox parle même d’un début de dépression. Je ne dis pas que ces chaines provoquent la dépression, mais elles en sèment les graines si les téléspectateurs les regardent sur le long terme. Après le mois d’étude, les chercheurs ont demandé aux participants de ne pas regarder ce type de contenu pendant 1 autre mois et ils les ont rappelés pour déterminer si la consommation de ces chaines d’information en continu avait eu un changement dans leur routine quotidienne.

 

Des tendances suicidaires comme effets indésirables

 

48 % des participants n’avaient pas d’effets notables sauf quelques déprimes s’ils étaient exposés au contenu des chaines comme BFMTV et TF1. Cela concerne une exposition par hasard et non dans le cadre de l’étude. Mais 28 % ont rapporté que le niveau de stress, enregistré pendant la première partie de l’étude, a persisté alors qu’ils ne regardaient plus du tout ce type de chaine. En plus d’un début de dépression, certains participants ont rapporté des tendances suicidaires et un malaise général. Les chercheurs n’arrivent pas à expliquer ce phénomène qui est arrivé des semaines après qu’ils aient regardé ces chaines. Mais Alfonsina Mazzi, spécialiste des médias et conférencière, estime que les médias, notamment les chaines d’information en continu et de divertissement ont un impact beaucoup plus important et durable sur la santé mentale des personnes. Mais cet impact est très difficile à mesurer avec une méthode scientifique fiable, car il y a de nombreux facteurs qui entrent en jeu et qui peuvent expliquer les tendances suicidaires.

 

Selon cette spécialiste : Les blessures au cerveau sont totalement différentes par rapport au corps physique. Même des agressions infimes peuvent laisser des traces sur le long terme et elles peuvent être amplifiées par des problèmes personnels. Les chercheurs concluent qu’une remise en question est nécessaire sur les chaines d’informations en continu et de divertissement, car les impacts enregistrés jusqu’à présent sont généralement néfastes. Soit les effets sont négatifs, soit ils sont nuls et dans les 2 cas, les téléspectateurs doivent modérer leur consommation de ces chaines et de la télévision en général.

 

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