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Respiration et stress, tout se joue dans le cerveau

Jean Krakowiecki

Vendredi 14 avril

Respirer lentement permet de se calmer lors d'activités sportives ou de méditation, ou peut aider à faire passer une crise anxieuse. Des chercheurs ont trouvé que cet effet dépend d'une minuscule zone du cerveau qui lie la respiration à notre comportement.

 

La découverte d’un lien biologique entre le contrôle de la respiration et le stress pourrait même mener à d’éventuelles cibles thérapeutiques pour le traitement de personnes qui souffrent d’anxiété et d’hyperventilation entraînant des crises de panique. L’équipe de chercheurs a publié cette découverte dans la revue Science.

On a commencé à explorer le lien qui unit notre respiration, notre cerveau et notre comportement au début des années 90, quand des chercheurs ont découvert chez la souris (et plus tard chez l’humain) un groupe de neurones qu’ils ont surnommé le « pacemaker » de la respiration : le complexe pré-Bötzinger.

À chaque neurone son rôle

Après des années d’études, on sait maintenant que cette minuscule région d’à peine 3000 cellules chez la souris est divisée en des dizaines de types de neurones différents, chacun régulant certains aspects de la respiration.

Un groupe gère le rythme de la respiration en général, tandis que d’autres, par exemple, peuvent être exclusivement responsables de ce qui se passe quand on soupire. Des expériences en laboratoire ont d’ailleurs montré que la stimulation de ces neurones génère des soupirs chez les souris. À l’inverse, bloquer ces neurones retire complètement aux animaux la capacité de soupirer.

Dans le cas de l’étude actuelle, des chercheurs américains ont éliminé d’autres sous-groupes de neurones pour voir leur impact sur la respiration. Parmi ceux-ci, un petit groupe d’à peine 175 cellules a attiré leur attention.

Lorsqu’ils sont éliminés, ces neurones n’entraînent aucun changement majeur à la respiration de l’animal. Toutefois, à la grande surprise des chercheurs, le comportement de la souris, lui, avait considérablement changé. L’animal était beaucoup plus calme, presque zen. Il passait beaucoup plus de temps à rester sur place et à se toiletter au lieu d’explorer son environnement ou de participer à des formes d’activité.

Respirez calmement et tout ira bien...

Pour comprendre ce qui se passait dans le cerveau, les chercheurs ont suivi le parcours des neurones et ont vu que la plupart envoient des prolongements dans une autre zone du cerveau : le Locus cœruleus. C’est une zone qui gère l’éveil et le stress et qui produit l’un des principaux neurotransmetteurs du corps, la noradrénaline.

Ce circuit neuronal permet donc à notre respiration de contrôler notre stress : si l’on respire doucement, ces neurones sont inactifs et maintiennent le corps dans un état calme. Lorsqu’on respire plus vite, ils envoient un signal qui augmente notre anxiété.

Cette recherche ne concerne toutefois que la souris et il y a encore beaucoup à faire pour voir si le fonctionnement du complexe pré-Bötzinger est le même chez l’humain.

Par contre, si l’on considère le nombre de formes de méditation, de yoga ou d’exercices qui induisent un bien-être et un calme chez les participants uniquement en travaillant sur la respiration, il est probable que ce circuit neuronal soit semblable chez l’humain.

Bien que cette étude tende à confirmer ce dont plusieurs se doutaient déjà, elle montre quand même qu’apprendre à contrôler sa respiration pourrait être une solution avantageuse pour les plus anxieux d’entre nous.

source Radio CA