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Deux jours par semaine, des salariés sont présents au travail mais ont l'esprit ailleurs

Jean Krakowiecki

Jeudi 20 février

 

Etude : Des salariés qui viennent au travail mais qui ont l'esprit ailleurs on se doutait que ça existait. Un sondage Ipsos pour OurCo donne l'ampleur : 28 % des salariés disent que cela leur arrive un à deux jours par semaine. En cause notamment, la souffrance au travail, la perte de sens et le stress... des maux identifiés mais les remèdes sont soit insuffisants, soit inopérants. 

 

 

Mesurer la présence au travail, en apparence rien de plus simple, et pourtant... Connaissez-vous la notion d'absentéisme moral, parfois aussi nommé fort joliment de "présentéisme contemplatif" ? Elle désigne les salariés qui sont là au bureau mais dont l'esprit est tellement ailleurs qu'ils ne travaillent pas vraiment. Sur le papier, ils font leurs heures, pointent le matin et le soir. Dans les faits, ils travaillent moins voire pas du tout, révélant au passage toute la difficulté de mesurer la réalité du travail quand il consiste à manipuler des informations.

 

Perte de sens au travail

 

L'institut Ipsos vient de réaliser pour la start-up OurCo une étude sur le sujet (1). Il en ressort que trois salariés sur quatre déclarent avoir déjà été présents au travail mais "absent.es d'esprit" au cours de la dernière année. Ami DRH, prépare-toi à sortir ta calculette : pour 28 % des personnes interrogées cet absentéisme moral pouvait atteindre un à deux jours par semaine ! Ce n'est pas parce que le phénomène porte un nom peu connu en dehors des cénacles spécialisés, qu'il est rare. Ou pour le dire autrement, bien des salariés sont des Monsieur Jourdain de l'absentéisme moral : ils le pratiquent sans le savoir, comme le personnage de Molière pratiquait la prose.


Les causes de ce décrochage mental au travail sont :

 

  • la perte de sens et de motivation (30 % des réponses),
  • la fatigue personnelle (28 %),
  • des préoccupations personnelles (21 %),
  • un épuisement (18 %),
  • l'état de santé personnel (14 %),
  • le traitement d'affaires personnelles (12 %).

 

C'est dire qu'il y a bien un malaise au travail, dont les causes ici isolées semblent interdépendantes : on est vraisemblablement d'autant plus fatigués qu'on ne trouve plus de sens à son travail. La motivation est d'autant plus complexe à alimenter que le salarié à des problèmes personnels, qui vont avoir un effet négatif sur la motivation.

 

Elus et DRH dans le même sac ... ou presque

 

Pour parodier un ouvrage célèbre de S. Freud, il y a visiblement un malaise dans le travail en France. 81 % des salariés sondés indiquent qu'ils ont déjà affrontés un problème de mal-être au travail. Pour 66 % des salariés, cet épisode s'est déroulé au cours de l'année 2019 ! Deux tiers des salariés interrogés répondent qu'en 2019 ils ont senti un mal-être au travail. Les raisons en sont dans l'ordre décroissant une perte de sens et de motivation (48 %), des tensions avec les collègues (43 %), des souffrances liées à un stress élevé, un burn-out ou à du harcèlement (40 %), des tensions avec son ou ses responsables (39 %).

 

De nombreux salariés ne sont donc pas au top de leur forme et le disent. On notera tout de suite que les interlocuteurs qui normalement sont faits pour ça sont les moins consultés, à commencer par les membres du Conseil social et économique (l'ex comité d'entreprise) cités par seulement 4 % des salariés ayant rencontré des difficultés, tout juste précédés par les ressources humaines citées par 9 % des personnes interrogées. Toutefois, 13 % disent en avoir parlé à un syndicaliste ou un représentant du personnel. Les salariés en situation difficile s'adressent en priorité à ceux qui les entourent : les collègues (43 %), le responsable direct (30 %).

 

Près d'un quart (23 %) sont restés seuls avec leur problème et n'en ont parlé à personne. 38 % craignaient que cela ne change rien, 37 % redoutaient que cela ait un impact négatif sur leur carrière. 30 % avaient peur des réactions et du jugement de leurs collègues. Parmi les réponses fournies, on notera que 22 % ont indiqué s'être abstenu par peur du conflit.

 

Pour en sortir, les proches plutôt plus efficaces que les collègues

 

On ne peut pas vraiment donner tort aux 48 % qui n'ont rien dit parce qu'ils pensaient que cela ne changerait rien. En effet, parmi ceux qui en ont parlé, 78 % estiment que leurs démarches ont été inopérantes: pour 48 %, elles ont été insuffisantes et pour 30 % inefficaces.

 

Il faut enfin noter que l'aide apportée à l'extérieur du travail semble plus efficace que celle au sein de l'entreprise. Ainsi, seulement 17 % des personnes qui ont fait appel à de l'aide hors de l'entreprise (médecins, psy, syndicaliste ou proches) disent que celle-ci a été inefficace. 28 % disent qu'elle a été suffisante pour régler le problème et 55 % qu'elle l'a été partiellement. L'aide trouvée au sein de l'entreprise n'a pas du tout été efficace pour 30 % des personnes qui l'ont mobilisée, l'a été partiellement pour 48 %. Seulement 22 % déclarent que l'aide trouvée au sein de l'entreprise a été suffisante "pour sortir et faire face au problème rencontré".

 

 Christophe Bys          

 

(1) Sondage réalisé les 6 et 7 février auprès de 1025 salariées âgés de 23 à 55 ans.


 

Source : L'usine Nouvelle